En province, on préfère le Top 14 à la Ligue 1

En province, dans les stades, il semble que le rugby séduise plus que le football. Tentatives de réponse à Bordeaux, Lyon, Toulouse et Montpellier.

Il y a bien prescription et nous pouvons donc vous l’avouer : TeamSportEco a profité du 11 novembre pour s’accorder un petit break à Bordeaux. Entre les promenades le long des quais de la Garonne restaurés, la contemplation de la Grosse Cloche ou la découverte des Chartrons, nous avons trouvé le temps de passer une soirée rugbystique au stade Chaban-Delmas où l’Union Bordeaux-Bègles recevait le Stade Toulousain. Outre l’issue épique du match (défaite 20-21 des Bordelo-béglais), ce sont surtout la bonne ambiance et la forte affluence (33 099 spectateurs) qui nous ont surpris et interrogés : les villes de province préféreraient-elles le rugby au football ?

Pour cela, nous avons analysé les performances des stades des métropoles françaises de province qui évoluent à la fois en Top 14 et en Ligue 1 cette saison : Bordeaux, Toulouse, Montpellier et Lyon.

Affluences et taux de remplissage : avantage rugby !

Et notre impression initiale n’est pas loin d’être la bonne. En effet, à Bordeaux, Toulouse et Montpellier, les affluences sont supérieures lors des rencontres de rugby. Cette tendance est nette à Bordeaux où l’UBB rassemble à Chaban-Delmas près de 5 000 spectateurs de plus que les Girondins dans le même stade. De même, à Toulouse, les Rouge et Noirs, dans leur antre d’Ernest Wallon, attirent en moyenne 2 000 personnes de plus que le TFC au Stadium. A Montpellier, cela se joue à quelques centaines de supporters mais c’est bien le rugby qui arrive en tête. A noter que dorénavant, le club de Louis Nicollin, depuis les inondations qui ont abîmé le Stade de la Mosson, évolue aussi dans l’enceinte de l’Altrad Stadium. Et dans cette enceinte de substitution, l’affluence du MHSC tend à diminuer. Dimanche dernier, contre le TFC, seulement 9 270 spectateurs s’y sont rassemblés.

Toulouse, Bordeaux, et à un degré moindre Montpellier, sont des bastions de rugby qui fédèrent une communauté de supporters fidèles. Dans ces métropoles, le foot est tout aussi historique mais son histoire n’a jamais durablement impacté la ville. En effet, Bordeaux (malgré quelques titres nationaux et exploits européens) n’est cette saison que la huitième affluence de Ligue 1, Toulouse la quatorzième et Montpellier l’avant-dernière (le titre de champion de 2012 n’a pas eu d’effet démultiplicateur).

En revanche, à Lyon, où le rugby est plus jeune et l’histoire en train de s’écrire, les affluences pèsent peu. Le LOU attire quelques 10 000 fidèles tandis que l’OL de Jean-Michel Aulas, rôdé et structuré, rassemble près de 33 000 supporters à chaque rencontre. A Paris, cette tendance est semblable où malgré un riche passé, le Racing et le Stade Français, conjointement, atteignent seulement la moitié des affluences du PSG au Parc des Princes.

affluences

Traditionnellement, les enceintes du foot sont plus vastes que celles du rugby (pourtant cette saison, Bordeaux et Montpellier, depuis peu, évoluent dans la même enceinte). Le taux de remplissage moyen de ces stades est donc un indicateur qui vient compléter notre analyse. Toutes les métropoles de province ont bien un taux de remplissage supérieur au rugby qu’au football !
remplissage

Qu’en conclure ? Les stades de Top 14 seraient-ils plus proportionnés et ceux de Ligue 1 un peu démesurés ? Avec une capacité moyenne de 30 800 places pour un taux moyen de remplissage de près de 70% et une affluence moyenne de 21 000 spectateurs, c’est ce que nous pourrions penser. Côté rugby, point de folie des grandeurs. Une affluence moyenne de 13 000 pour une capacité moyenne de 16900 places pour un taux de remplissage qui frôle les 80%. En province, cette barre est très souvent dépassée. En revanche,à Colombes ou à Jean-Bouin, on oscille entre 50% et 60%.

Bordeaux, le défi du grand stade

Revenons en Gironde où cette question du remplissage et de l’affluence dans les enceintes de foot est clé. A Bordeaux, un nouveau stade va prochainement sortir de terre avec une capacité globale de 42 000 places, soit une augmentation de 20% par rapport à Chaban-Delmas. Avec l’affluence actuelle (un peu plus de 20 000 spectateurs), le stade serait donc aujourd’hui rempli de moitié. Cependant, cette tendance devrait s’élever avec cette nouvelle antre. En effet, Nice et Lille, qui ont inauguré leur nouveau stade au cours de ces deux dernières années ont vu leur affluence moyenne bondir. Selon les Cahiers du football,« une progression « brute » de 17 000 spectateurs à Lille la première saison » et  » un gain de 14 000 spectateurs par rapport au Stade du Ray » à Nice.

La nouveauté, le confort et le modernisme de ces nouvelles enceintes attirent. Tout de même, ces deux clubs ont vu leur taux de remplissage et leurs affluences baisser. Des performances sportives irrégulières ou une animation de la communauté à améliorer (prix, marketing, etc.) peuvent en être la cause. A Bordeaux, mais aussi à Lyon, ces nouveaux stades sont donc la clé pour que le football (re)gagne ses lettres de noblesse. Et comme par hasard, à Bordeaux et à Lyon, le rugby n’est jamais loin puisque le l’UBB et le LOU sont en lice pour devenir les résidents de Chaban et de Gerland où les défis de l’affluence et du remplissage seront bien présents. L’exemple du FC Grenoble, qui a investi le Stade des Alpes, en lieu et place du club de foot, rétrogradé de plusieurs divisions, est à suivre. Le club isérois rassemble plus de 13 630 spectateurs cette saison, ce qui est bien plus que la capacité de son ancienne enceinte de Lesdiguières (12 650 places).

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