ZOOM sur le nouveau stade « Bordeaux Atlantique » qui accueillera les demies finales du Top 14 en plus de rencontres de l’EURO 2016 !!!

Mai 2010. La France obtient de l’UEFA l’attribution de l’Euro 2016, aux dépens de la Turquie et de l’Italie. C’est naturellement que la ville de Bordeaux se porte candidate pour co-organiser l’événement : le club local des Girondins, une année auparavant, avait été sacré champion de France et sur les bords de la Garonne, les gens suivaient le football avec un intérêt certain. Néanmoins, l’antre des Girondins, le stade Jacques Chaban-Delmas (anciennement dénommé « parc Lescure »), ne répondait plus aux exigences d’un événement sportif majeur, et pour cause : il avait été inauguré en 1928 et n’avait dès lors été qu’agrandi et rénové. Un projet de nouveau stade voyait donc le jour. En 2011, le duo d’architectes suisses Herzog & De Meuron, connu pour avoir réalisé l’Allianz Arena de Munich, remportait avec Vinci l’appel d’offres proposé par la mairie de Bordeaux.

Qui paie la note ?

Les Girondins de Bordeaux, pourtant en bonne santé financière après le titre de 2009, ont payé les conséquences économiques de la mauvaise passe sportive qui a suivi : avec un certain manque à gagner, Jean-Louis Triaud et Nicolas de Tavernost (respectivement président et actionnaire principal du club) ont été obligés de se serrer la ceinture pour pouvoir contribuer au financement du stade avec un apport initial de 20 millions d’euros qui est suivi d’autres contreparties comme un loyer annuel de près de 4 millions d’euros sur 30 ans.

Le principal contributeur au projet est l’Etat, qui avait prévu de ne dépenser que 20 millions d’euros mais qui a revu son apport à la hausse avec 8 millions supplémentaires. Viennent ensuite la ville de Bordeaux où le maire UMP Alain Juppé a débloqué 17 millions d’euros, la Communauté Urbaine de Bordeaux (CUB) et le Conseil Régional d’Aquitaine avec 15 millions d’euros chacun. Le coût total dépasse les 180 millions d’euros. Le Conseil Général de la Gironde a, lui, refusé de prendre part au financement d’un chantier jugé inutile par son président Philippe Madrelle (PS).

Le détail du financement du nouveau stade est disponible sur le site de la mairie de Bordeaux.

Où en est le chantier ?

Les travaux en eux-mêmes n’ont débuté que l’an dernier, la procédure pour présenter le projet et obtenir un permis de construire étant assez longue. Mais ils avancent à un train d’enfer, à un tel point qu’on peut actuellement imaginer, à quelques détails près, le stade tel qu’il sera lors de son inauguration en mai 2015.

L’emplacement choisi pour le chantier se situe à proximité du lac de Bordeaux, au nord (ce qui permet de disposer du parking et des enceintes sportives, comme le vélodrome, à proximité), à l’écart du centre-ville qui sera joignable directement grâce au rallongement de la ligne C de tramway (les rails sont visibles en bas à droite de la photo ci-dessus). A l’heure actuelle, la charpente métallique (une première en France mais un matériau plus économique), les gradins et la toiture ont été entièrement réalisés, et les agrandissements en cours concernent la devanture du stade et ce qui sera le terrain.

Quels événements accueillera le stade ?

Outre l’Euro (quatre matchs de poules et un quart de finale), on verra les Girondins évoluer à domicile au nouveau stade à partir de mai 2015, lors de la dernière journée de l’actuelle saison de Ligue 1 face à Montpellier. Le stade pourrait également accueillir des concerts et d’autres événements sportifs d’importance majeure, comme des matchs de play-offs du championnat de rugby à XV (Top 14).

Quel nom pour le stade ?

Pour le moment, le stade porte le nom de « Stade Bordeaux-Atlantique », du nom de la société propriétaire du chantier. Il est plus fréquemment appelé « nouveau stade de Bordeaux » comme sur son site internet. Une opération de naming devrait avoir lieu pour permettre à un investisseur de donner son nom à l’enceinte.

Quel est l’intérêt d’un projet aussi coûteux ?

A la mairie de Bordeaux, le projet n’a pas fait l’unanimité. Bon nombre d’élus PS, aux côtés des Verts et du Front de Gauche, se sont opposés à ce qu’ils estiment être un projet inutile et très coûteux. En effet, le nombre de places augmente peu sensiblement (de près de 35 000 à plus de 42 000) et la ville pourrait, selon certains socialistes, supporter un coût final plus important que prévu. Le Conseil Général de la Gironde a, comme l’opposition au sein de la mairie bordelaise, jugé le projet trop coûteux par rapport à une utilité supplémentaire, et a donc logiquement refusé de le financer.

Mais si le maire Alain Juppé a été dès la première heure un partisan fervent à la construction d’une nouvelle enceinte, c’est parce que celle-ci s’inscrit dans une logique privilégiant le rayonnement de Bordeaux et la qualité des aménagements, qui a été le mot d’ordre de Juppé depuis son élection en 1995. Places VIP et handicapés, restaurant, espace dédié aux conférences, accès aux nouvelles technologies : les avantages du nouveau stade par rapport à Chaban-Delmas seront qualitatifs.

Reste que le projet ne sera pas pas rentable si le public bordelais continue de bouder les Girondins comme cela a souvent été fait ces dernières années. Pour cela, les Marine et Blanc n’ont pas le choix : ils vont devoir renouer avec les sommets. L’arrivée de l’ancien Bleu Willy Sagnol sur le banc de touche, avec un projet de jeu ambitieux, a permis à Bordeaux de prendre, l’espace de quelques semaines, la place de leader du championnat. Pour faire revenir le public, il faudra se maintenir dans le haut de la hiérarchie.

Quid de l’avenir de Chaban-Delmas ?

L’avenir du stade Chaban-Delmas sans les Girondins est une question qui a marqué la campagne pour les dernières élections municipales à Bordeaux. Alain Juppé avait envisagé tout d’abord de reconvertir cette enceinte historique, dans le centre-ville, en un immense parc des sports, avant de se rallier à la proposition du candidat PS Vincent Feltesse. Celui-ci proposait de léguer le terrain à l’Union Bordeaux-Bègles, club de rugby de la ville et première affluence du Top 14 la saison dernière. En effet, le stade historique de l’UBB, André-Moga (plus de 7000 places), en banlieue, à Bègles, se montre de plus en plus inadéquat pour accueillir un public grandissant et l’UBB emprunte souvent Chaban-Delmas quand les Girondins n’y sont pas.

Le compromis a été acté avec la réélection d’Alain Juppé en mars dernier et fait consensus : dès le départ des Girondins, l’UBB évoluera dans l’ancien « parc Lescure » à temps plein et André-Moga deviendra le centre d’entraînement du club.

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